mercredi 30 janvier 2013

Phnom Penh: première rencontre avec le peuple khmer



Phnom Penh est un point de passage obligé lorsque l’on visite le Cambodge. En effet, les principaux axes routiers convergent vers la capitale. Étant amenés à transiter trois fois pas cette ville, nous choisissons de reporter sa visite à la fin de notre séjour avant notre départ pour la France. 

Phnom Penh est une ville assez chaotique mais aérée, si bien que le vacarme de la circulation n’est pas trop gênant. La ville est en pleine mutation, des tours de verre poussent de-ci de-là, au milieu de quartiers d’habitations vétustes. Il est certain que ce n’est pas l’architecture des bâtiments qui fait le charme de la ville… La plupart des édifices sont en béton sans style particulier. Peu d’édifices datant de l’époque coloniale française ont survécu. Ce sont plutôt les cambodgiens qui rendent la ville agréable. Les chauffeurs de Tuk-Tuk sont particulièrement polis et souriants, jamais rancuniers d’un refus (en tout cas ils ne le montrent pas).


Il y a peu de sites touristiques à Phnom Penh. Les principaux sites sont le Palais Royal, le Musée national renfermant de belles sculptures Khmers, quelques pagodes et le Musée Tuol Sleng, ancien Camp S21 où furent emprisonnés et torturés des milliers de cambodgiens sous le régime des Khmers Rouges.

Nous logeons dans une petite guest-house très sympa et propre près du stade olympique. Sur la terrasse du restaurant, nous admirons plusieurs fois par jour le bel aquarium rempli de coraux et poissons exotiques… cela nous rappelle un peu les fonds marins de Koh Tao en Thaïlande !

Nous entamons la découverte du pays par la rencontre de Christophe qui est expatrié à Phnom Penh. Il est ingénieur en informatique et a créé une entreprise de service en  informatique. Autour d’un verre sur la terrasse de notre guest-house, il nous parle de ce pays où il vit depuis cinq ans et qu’il aime tant. L’enthousiasme de Christophe est très communicatif ! Nous venons à peine de poser le pied sur le sol cambodgien, que nous sentons déjà naître en nous l’envie de découverte. Les temples d’Angkor, les crabes cuisinés au poivre à Kep, l’Ile du Lapin, Kampot sont autant de lieux qui suscitent notre curiosité.

Christophe a visité plusieurs fois Angkor. Il nous révèle donc quelques astuces pour visiter les temples aux bonnes heures… c’est-à-dire en évitant l’insolation et les hordes de touristes coréens ! Nous passons bien une heure à examiner en détail la carte des temples d’Angkor, tel Indiana Jones ou Lara Croft, dans l’espoir de découvrir « le » temple oublié que personne ne connait !

Le soir, Christophe nous fait découvrir un restaurant spécialisé dans la viande grillée. Sa mère, sa femme Sophie et leur fille de trois mois nous y rejoignent. Les viandes y sont excellentes, surtout accompagnées d’une sauce locale à base de citron, de sel et de poivre de Kampot. Le poivre est doux et le citron sucré… c’est simple et excellent ! Nos papilles ont aussi la chance de découvrir une autre spécialité : le maïs frit aux herbes… un régal !

Le lendemain, nous visitons le Musée Tuol Sleng, ancien Camp S21. Cet ancien lycée, situé en plein cœur de Phnom Penh, servit de camp de torture durant les trois années du régime Khmer Rouge. 17 000 prisonniers transitèrent par ce camp et y furent torturés. Ils étaient ensuite transférés vers le camp d’extermination de Choeung Ek pour y être exécutés ou « détruits » selon le jargon Khmer Rouge…. La visite du camp est éprouvante. L’aspect banal du lieu le rend d’autant plus épouvantable : l’environnement urbain, la simplicité des bâtiments scolaires, la pelouse sur laquelle les enfants jouaient au ballon, les lits rouillés, les instruments de torture, les barbelés empêchant les prisonniers de se jeter des balcons et les cellules improvisées évoquent la face la plus terrifiante de l’humanité… Des traces de sang demeurent sur le carrelage… On sort du musée le ventre serré et les yeux humides… choqués et déboussolés… On ressent certainement les mêmes sentiments que lorsque l’on visite Auschwitz. Il nous faut quelques heures pour revenir à la réalité et retrouver nos esprits. Nous pensons qu’il est important d’appréhender la question des Khmers Rouges au début de notre séjour au Cambodge. Nous prenons ainsi la mesure de la violence qu’a subit le peuple Khmer et combien il fut divisé. Aujourd’hui, bourreaux et victimes se côtoient dans cette société post-Khmer Rouge. Sorti du Musée Tuol Sleng, nous nous demandons qui se cache derrière le sourire de ce chauffeur de Tuk-Tuk quinquagénaire ou les rides de cette vieille dame au marché russe…

Après deux jours d’escale, nous quittons finalement Phnom Penh pour nous rendre à Siem Reap et les temples d’Angkor.


Nicolas et Edwige




Cellules du Camp S21


Chaque victime était photographiée

Cours du lycée transformé en camp de torture

Monument de l'Indépendance

Poste centrale


Quartier colonial...

... côtoyant des immeubles plus modernes.


Psar Thmei

Coupole du marché

Christophe et sa fille