Phnom Penh est un
point de passage obligé lorsque l’on visite le Cambodge. En effet, les
principaux axes routiers convergent vers la capitale. Étant amenés à transiter
trois fois pas cette ville, nous choisissons de reporter sa visite à la fin de
notre séjour avant notre départ pour la France.
Phnom Penh est une
ville assez chaotique mais aérée, si bien que le vacarme de la circulation
n’est pas trop gênant. La ville est en pleine mutation, des tours de verre
poussent de-ci de-là, au milieu de quartiers d’habitations vétustes. Il est
certain que ce n’est pas l’architecture des bâtiments qui fait le charme de la
ville… La plupart des édifices sont en béton sans style particulier. Peu
d’édifices datant de l’époque coloniale française ont survécu. Ce sont plutôt
les cambodgiens qui rendent la ville agréable. Les chauffeurs de Tuk-Tuk sont
particulièrement polis et souriants, jamais rancuniers d’un refus (en tout cas
ils ne le montrent pas).
Il y a peu de sites
touristiques à Phnom Penh. Les principaux sites sont le Palais Royal, le Musée
national renfermant de belles sculptures Khmers, quelques pagodes et le Musée
Tuol Sleng, ancien Camp S21 où furent emprisonnés et torturés des milliers de
cambodgiens sous le régime des Khmers Rouges.
Nous logeons dans une
petite guest-house très sympa et propre près du stade olympique. Sur la
terrasse du restaurant, nous admirons plusieurs fois par jour le bel aquarium
rempli de coraux et poissons exotiques… cela nous rappelle un peu les fonds
marins de Koh Tao en Thaïlande !
Nous entamons la
découverte du pays par la rencontre de Christophe qui est expatrié à Phnom
Penh. Il est ingénieur en informatique et a créé une entreprise de service en informatique. Autour d’un verre sur la
terrasse de notre guest-house, il nous parle de ce pays où il vit depuis cinq
ans et qu’il aime tant. L’enthousiasme de Christophe est très
communicatif ! Nous venons à peine de poser le pied sur le sol cambodgien,
que nous sentons déjà naître en nous l’envie de découverte. Les temples d’Angkor,
les crabes cuisinés au poivre à Kep, l’Ile du Lapin, Kampot sont autant de lieux
qui suscitent notre curiosité.
Christophe a visité
plusieurs fois Angkor. Il nous révèle donc quelques astuces pour visiter les
temples aux bonnes heures… c’est-à-dire en évitant l’insolation et les hordes
de touristes coréens ! Nous passons bien une heure à examiner en détail la
carte des temples d’Angkor, tel Indiana Jones ou Lara Croft, dans l’espoir de
découvrir « le » temple oublié que personne ne connait !
Le soir, Christophe
nous fait découvrir un restaurant spécialisé dans la viande grillée. Sa mère,
sa femme Sophie et leur fille de trois mois nous y rejoignent. Les viandes y
sont excellentes, surtout accompagnées d’une sauce locale à base de citron, de
sel et de poivre de Kampot. Le poivre est doux et le citron sucré… c’est simple
et excellent ! Nos papilles ont aussi la chance de découvrir une autre
spécialité : le maïs frit aux herbes… un régal !
Le lendemain, nous
visitons le Musée Tuol Sleng, ancien Camp S21. Cet ancien lycée, situé en plein
cœur de Phnom Penh, servit de camp de torture durant les trois années du régime
Khmer Rouge. 17 000 prisonniers transitèrent par ce camp et y furent
torturés. Ils étaient ensuite transférés vers le camp d’extermination de
Choeung Ek pour y être exécutés ou « détruits » selon le jargon Khmer
Rouge…. La visite du camp est éprouvante. L’aspect banal du lieu le rend
d’autant plus épouvantable : l’environnement urbain, la simplicité des
bâtiments scolaires, la pelouse sur laquelle les enfants jouaient au ballon,
les lits rouillés, les instruments de torture, les barbelés empêchant les
prisonniers de se jeter des balcons et les cellules improvisées évoquent la
face la plus terrifiante de l’humanité… Des traces de sang demeurent sur le
carrelage… On sort du musée le ventre serré et les yeux humides… choqués et
déboussolés… On ressent certainement les mêmes sentiments que lorsque l’on
visite Auschwitz. Il nous faut quelques heures pour revenir à la réalité et
retrouver nos esprits. Nous pensons qu’il est important d’appréhender la
question des Khmers Rouges au début de notre séjour au Cambodge. Nous prenons
ainsi la mesure de la violence qu’a subit le peuple Khmer et combien il fut
divisé. Aujourd’hui, bourreaux et victimes se côtoient dans cette société
post-Khmer Rouge. Sorti du Musée Tuol Sleng, nous nous demandons qui se cache
derrière le sourire de ce chauffeur de Tuk-Tuk quinquagénaire ou les rides de
cette vieille dame au marché russe…
Après deux jours
d’escale, nous quittons finalement Phnom Penh pour nous rendre à Siem Reap et
les temples d’Angkor.
Nicolas et Edwige
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| Cellules du Camp S21 |
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| Chaque victime était photographiée |
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| Cours du lycée transformé en camp de torture |
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| Monument de l'Indépendance |
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| Poste centrale |
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| Quartier colonial... |
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| ... côtoyant des immeubles plus modernes. |
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| Psar Thmei |
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| Coupole du marché |
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| Christophe et sa fille |