Il est 5h40. Il fait
encore nuit noire dans les rues de Muang Khua. Aucun éclairage en raison d’une
coupure de courant généralisée (Edwige en fait les frais en plein milieu de sa
douche !). Nous sommes donc avec Hannah, tous les trois avec nos lampes
frontales et nos gros sacs. Nous attendons à un carrefour, devant une petite
échoppe encore fermée. C’est normalement le lieu de départ des bus pour le
Vietnam… L’endroit est désert, nous n’apercevons que les yeux brillants des
chiens errants dans la nuit.
Il est 5h50. Pas
encore de bus, mais deux hommes vietnamiens arrivent les bras chargés de
paquets. Ils nous demandent si nous attendons le bus pour Dien Bien Phu. Nous
sommes rassurés, apparemment nous sommes au bon endroit…
Il est 6h00. Toujours
pas de bus. Deux jeunes touristes russes arrivent en courant de peur de l’avoir
manqué. Pas de panique ! Nous ne sommes pas prêts de partir…
Il est 6h10. Quelques
locaux continuent d’arriver, mais aucun bus en vue !
Il est 7h00. Le
soleil s’est levé et nous assistons à une procession de moines bouddhistes
appelée Tak Bat. Des habitants du village se sont alignés au bord de la rue.
Ils remplissent de riz gluant les bols à aumône des bonzes à leur passage. Les
moines réaffirment ainsi leurs vœux de pauvreté et d’humilité. Nous sommes une
petite dizaine à observer cette cérémonie silencieuse, lorsqu’un homme vient
nous annoncer qu’il n’y aura pas de bus ce matin. La veille, faute de
passagers, celui-ci est resté à Dien Bien Phu. Il nous faut attendre jusqu’à
11h, l’arrivée du bus en provenance d’Udomxai…
Après un petit
déjeuner et une grosse sieste pour Nicolas, nous voilà de nouveau à l’arrêt de
bus 4 heures plus tard. Michael nous accompagne alors pour nous saluer. Il
prendra le même bus le lendemain matin… enfin on espère pour lui !
Nous sommes toujours
une dizaine lorsque le bus arrive. En fait, c’est plutôt un minibus plein à
craquer. Celui-ci n’a pas de soute à bagages, le toit est donc surchargé de
cartons et sacs en tous genres, tout comme la moitié des sièges. Le chauffeur
réussit miraculeusement à charger nos bagages en comblant les quelques trous
restant. Une chose est sure, nos sacs partiront ! Mais pour les passagers,
c’est plus incertain. Comment faire entrer 10 personnes dans un minibus
lorsqu’il ne reste plus que 4 mini-places ? Et bien on entasse le surplus
passagers n’importe où… Le chauffeur nous attribue les places en fonction de
notre taille et corpulence, comme on rangerait un coffre de voiture !
Hannah chanceuse se retrouve sur un mini-siège peu confortable. Nicolas prend
place sur une caisse en métal à côté de la porte automatique du bus. Il
accumule les couches de pulls sous ses fesses, pour améliorer légèrement le
confort, mais ses pieds se coinceront derrière la porte à chacun des nombreux
arrêts. Edwige se fait attribuer une place de choix dans la minuscule rangée : un
quart de fesse gauche sur un siège, un quart de fesse droite sur un autre et le
reste…dans le vide. Comme dossier : les genoux cagneux d’un charmant
laotien qui lui transperce les côtes. Et les jambes ? Pliées en quatre,
pour laisser la place à une dame qui restera debout une partie du trajet. Cette
installation se fait cependant dans une ambiance détenue et souriante. C’est un
trait culturel dont les laotiens nous auront fait part du début à la fin de
notre séjour. C’est parti pour 5 heures de bus !
Les courbatures de ce
dernier voyage seront rapidement oubliées. Nous adorons le Laos et gardons
d’excellents souvenirs de ces 3 semaines passées au « Pays du Million
d’Eléphants ».
Kwap Jai Lai
Lai ! (Merci beaucoup !)
Edwige et Nicolas
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| Il est 11h00, nous attendons encore.... |
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| Procession de moines bouddhhistes |
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| Notre minibus est arrivé! |
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| C'est parti pour 5h de bus! |
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| A la frontière Laos-Vietnam: il ne fait pas très chaud |





