Nous quittons Hué et
la rivière des Parfums pour nous rendre à Hoi An à 4 heures de route en
direction du Sud. Le soleil est au rendez-vous pour ce voyage ! Le bus
blindé de touristes serpente sur la route sinueuse qui mène au col des Nuages
et offre une vue remarquable sur la côte. Une pause vivifiante en cours de route
dans la baie de Da Nang nous permet de découvrir la mer de Chine. L’odeur des
embruns, le bruit des rouleaux déferlants sur une plage de sable blanc et la
chaleur des rayons du soleil sur notre peau… quel ravissement pour nos sens qui
nous avait bien manqué depuis la Thaïlande.
A notre arrivée à Hoi
An, déambulant dans les rues à la recherche d’une chambre, nous sommes surpris
par la propreté et la tranquillité qui règne dans cette bourgade. Hoi An est
une petite ville charmante ayant échappé miraculeusement aux destructions de la
guerre américaine. Ses temples et demeures traditionnelles bourgeoises restaurées
et décorées avec soin lui ont valu d’être classée au Patrimoine Mondial de
l’UNESCO. La visite assez intimiste de ces édifices est d’ailleurs l’attrait
touristique principal de la ville. Aux heures interdites à la circulation,
c’est un véritable bonheur de s’y balader. Des porteuses de palanche à chapeau
conique arpentent les ruelles bordées de maisons peintes à la chaux ocre. Le
soir venu, des centaines de lanternes en soie illuminent les rues et les quais
longeant la rivière : véritable décor de carte postale. Tout comme à
Pingyao en Chine, la muséification de la ville lui ôte quelque peu
d’authenticité. Mais cela n’empêche pas le charme d’opérer.
Ici, encore plus que
partout ailleurs au Vietnam, les boutiques de confection d’habits et de
chaussures sur-mesure ne manquent pas. Pour quelques dizaines de dollars, votre
petite robe en soie sera prête en 24 heures...
Autre spécialité
faisant la réputation de Hoi An : sa gastronomie ! Et gourmands comme
nous sommes, nous comptons bien en profiter. Les « Roses Blanches »,
raviolis à base de farine de riz fourrés à la poudre de crevette, ont gagnées
notre faveur. La recette reste secrète ici et même notre cours de cuisine,
pourtant très instructif, ne nous permet pas d’en savoir plus. Pour nos diners,
ces sont les plats à emporter d’une petite mamie installée sous le marché
couvert qui nous ont séduit. Nous y sommes allés deux soirs de suite. Elle nous
a reconnu et offert un magnifique et inoubliable sourire édenté ! Etant
toujours en mouvement lors de notre voyage, le fait de faire seulement deux
fois de suite la même chose s’assimile pour nous à une
« habitude » ! C’est fou, non ! Bref, les plats de notre mamie
du marché nous ont permis d’apprécier une excellente cuisine locale tout en
profitant de l’ambiance et de la fraicheur des bords de rivière à la nuit
tombée.
Hormis le cours de
cuisine, nous choisissons de visiter le paisible temple Phuc Kien et trois
demeures traditionnelles. Celles-ci, qui appartenaient à de riches notables ou
commerçants, sont édifiées de façon similaire sur deux niveaux, en longueur
entre deux rues et possèdent une cour intérieure. Elles mêlent des traits
architecturaux vietnamien, chinois et japonais. Fidèles à la tradition du culte
des ancêtres (comme en Chine), les familles réservent une place particulière
dans leurs demeures à un autel consacré à ces aïeux. Les portraits qui y
trônent évoquent l’histoire de ces clans familiaux. On trouve également de
nombreux objets d’art ancien et de magnifiques meubles en bois précieux. Les
visites se terminent toujours dans la petite boutique de souvenirs. Après une
négociation mémorable, Nicolas y acquiert à prix d’or un sucrier en forme de
petit vietnamien… Nous l’appellerons Tran. Ne manquez surtout pas de venir le
voir exposé chez nous à notre retour !
Au détour de la
visite d’une demeure bourgeoise, nous sommes séduits par une courte
démonstration de danse et musique traditionnelles. Nous décidons donc de nous
offrir une séance un peu plus longue en soirée au petit théâtre de la ville. En
nous installant dans l’hémicycle quasi-désert (2 ou 3 spectateurs maxi), un
doute concernant la qualité du spectacle à venir nous envahit soudainement. La
suite ne fera que confirmer nos craintes… Avec une technique, une mise en scène
et des costumes dignes du spectacle de fin d’année de l’école primaire
Françoise Dolto de Saint André le Bouchoux dans l’Ain, 5 danseurs nous
dévoilent leurs plus belles chorégraphies. C’est à mourir de rire, mais
lorsqu’il n’y a que 5 spectateurs dans la salle il faut se contenir… Mention
spéciale à la première danse mettant en scène les 4 animaux sacrés de la
culture vietnamienne (le dragon, la licorne, le phénix et la tortue) façon
« danse des canards » ! Les solos d’instruments de musique
traditionnelle permettent cependant d’élever le niveau. Le rire étant excellent
pour la santé, nous aurons allongé d’au moins quelques années notre espérance
de vie… C’est dire !
Notre périple à Hoi
An se termine par une balade à vélo. Nous parcourons alors les quelques
kilomètres qui séparent la ville de la plage, en passant par de somptueux
paysages de rizières verdoyantes. Un peu de sport et de nature nous font le
plus grand bien avant notre première et unique nuit en train du Vietnam.
Direction l’effervescence de Saigon.
Edwige et Nicolas
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| Sur la route en Hué et Hoi An : une pause ensoleillée fort agréable ! |
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| L'intérieur d'une maison traditionnelle bourgeoise |
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| La pièce du fond est dédiée au culte des ancêtres : une quarantaine de portraits son disposés sur un autel. |
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| Le salon d'une maison bourgeoise. Le mobilier est décorés de magnifiques motifs nacrés. |
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| La chambre de la même maison. La famille habite toujours dans cette maison. |
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| Un spectacle de musique et danse traditionnels |
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| La meilleures pâtisserie de notre tour d'Asie! C'est aussi un centre de formation pour de nombreux futurs pâtissiers vietnamien. |
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| Le pont jamonnais |
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| Le cocktail de l'amitié offert par l'école de cuisine avant notre cours. |