jeudi 7 février 2013

Tombés sous le charme envoutant des Temples d'Angkor


Le bus qui nous mène de Phnom Penh à Siem Reap est un vrai four ! La climatisation ne fonctionnant pas, nous sommes rapidement en nage. Notre voisine française en âge d’être arrière grand-mère, l’est aussi, mais tient bien le coup ! A la descente du bus, le jeune chauffeur, exténué, le front perlant de gouttes de sueur, s’excuse en souriant. Il nous tapote amicalement l’épaule en nous souhaitant un bon séjour. Nous apprécions sa compassion et sa sympathie, aux antipodes de ce que nous avons connu au Vietnam…

Nous jetons notre dévolu sur un quartier, où nous comptons trouver un hôtel propre et agréable à moins de 8$ la nuit. Malheureusement tout est complet… Par hasard, nous croisons les français ayant cuit avec nous, deux heures plus tôt, dans le four à quatre roues. C’est un couple de routards retraités d’une cinquantaine d’années bien tassées, qui travaillait dans l’hôtellerie. Ils voyagent en ce moment avec la sœur et la mère de la dame. La mère a presque quatre-vingt ans ! Le couple partage son temps entre la France et l’Asie : ils voyagent les mois d’hiver et profitent de leur maison lilloise et de leur famille l’été… des retraités modernes ! Ils nous indiquent le Garden House, un hôtel bon marché et correct, situé quelques rues plus loin. Nous nous y établissons pour quelques jours.

Au Garden House, nous faisons la connaissance de Sandrine et Luigi, un couple d’italiens vivant en Suisse depuis leur plus tendre enfance. Âgés d’une trentaine d’années, ils font un tour du monde d’un an. Sur la route depuis quatre mois, ils ont déjà visité l’Afrique du Sud et la Thaïlande. Après le Cambodge, ils prendront la direction du Laos et de la Chine, pour ensuite changer de continent et visiter l’Amérique Latine. Ils sont très sympathiques. Le soir, nous dinons ensemble dans un restaurant à barbecue. Nous partageons notre expérience du voyage au long court : la gestion au dollar près du budget, les fluctuations de notre capacité d’émerveillement, nos plus belles expériences, les coups de blues, etc. Nous leur relatons notre voyage en Chine et les quelques arnaques à éviter, comme la cérémonie du thé et les faux artistes…  

Luigi et Sandrine prévoyaient de faire quelques jours de bénévolat dans une école, mais malheureusement leur plan est tombé à l’eau. Un type qu’ils avaient rencontré quelques jours plus tôt, s’était présenté comme gérant d’une association intervenant dans des écoles primaires. Il leur avait demandé s’ils pouvaient faire un don de quelques dollars à son association, ce qu’ils ont fait. Suite à leur demande de bénévolat, il leur avait donné rendez-vous ce matin… mais ne s’est jamais présenté ! Un beau lapin, pour une grosse déception… Du coup, Luigi et Sandrine se montrent forts intéressés lorsque nous leur parlons de notre projet de bénévolat à l’orphelinat Cambodia Children’s Sanctuary à Siem Reap. Nous leur proposons donc de se joindre à nous, pour cette expérience qui s’annonce riche humainement.

Nous séjournons une semaine à Siem Reap, partageant ainsi notre temps entre animations à l’orphelinat et visites des temples d’Angkor (Voir l’article du blog dédié à l’orphelinat). Les journées de visites des temples étant longues et épuisantes, nous apprécions les journées de repos et de jeux avec les enfants.

Alors que dire des temples d’Angkor… et bien c’est tout simplement magnifique ! Il existe des sites dit « incontournables », dont la beauté est effectivement à la hauteur des attentes suscitées par le marketing touristique. Parmi ces sites, il y a selon nous en Asie : la Grande muraille de Chine, la Cité interdite et le Temple du Ciel à Pékin, le Taj Mahal en Inde… et les Temples d’Angkor. 
 
Les temples d’Angkor sont l’âme du royaume Khmer. Construits entre 802 et 1432 apr. J-C, la plupart d’entres-eux symbolisent le mont Meru, montagne mythique considérée comme l’axe du monde et la demeure des dieux dans la tradition hindoue. Les dieux-rois de jadis ont chacun tenté de surpasser leurs prédécesseurs par l’édification de sanctuaires de taille, d’envergure et de symétrie inégalée, tel Angkor Vat, le plus grand édifice religieux de la planète. Les temples qui subsistent représentent la partie sacrée de la cité Khmer. Construits en pierres, ils ont résisté à l’usure du temps, tandis que les édifices à vocations sociales, politiques, commerciales ou résidentielles construits en bois ont disparu. Au cours des six cents ans de son règne, l’empire Khmer a connu des phases de déclin et de renaissance. Plusieurs fois détruite, la capitale Khmer fut reconstruite ou transférée à plusieurs dizaines de kilomètres de ses ruines. Selon les croyances des rois, les temples servaient tantôt aux hindous, tantôt aux bouddhistes.  

Ayant seulement trois jours de visite, nous nous limitons aux temples situés autour d’Angkor Thom et Angkor Vat. Nous choisissons de nous déplacer à vélo, moyen de locomotion le plus économique et agréable à notre goût. Nous varions les plaisirs en louant tantôt un vélo de ville de style hollandais, tantôt un VTT de descente à suspension haute. Chaque modèle a son avantage, étant donné que les routes sont goudronnées mais parsemées de nids de poule.

Cohue en attendant le lever de soleil à Angkor Vat
Angkor est le théâtre d’un choc des cultures touristiques entre asiatiques et européens. En simplifiant beaucoup, les coréens et les japonais aiment parcourir en grands groupes et au pas de charge les principaux sites, tandis que les européens recherchent en petits groupes le charme et la quiétude des temples tels que le naturaliste français Mouhot les a redécouverts en 1860. Ainsi, si l’on fait parti de la deuxième catégorie, il vaut mieux ne pas suivre l’ordre classique des visites de temples, en démarrant plus tôt ou en suivant le parcours à l’envers. Une autre possibilité est tout simplement de se perdre dans les allées secondaires des temples désertées par les touristes asiatiques. Mais attention à bien tenir compte de l’ensoleillement des temples… on risque l’insolation en visitant la terrasse des éléphants à midi ! Ainsi, les après-midi étant très chaudes, nous démarrons nos journées à l’aube. A midi, nous pique-niquons et faisons la sieste sur les ruines dans un coin ombragé et calme, à l’écart des touristes.

Parmi les temples que nous avons préférés :  
  • Angkor Vat, pour sa taille et ses fresques représentant des scènes de la mythologie hindoue
  • le Bayon, atypique et labyrinthique
  • la terrasse des éléphants avec ses innombrables sculptures
  • la place royale d’Angkor Thom, immense avec les tours Prasat Suor Prat disposées à intervalles réguliers
  • le Baphuon, un beau temple pyramidal
  • Ta Prohm, maitrisé par les racines d’arbres gigantesques évoquant les ruines qu’ont découverts les explorateurs européens.
  • Baksei Chamkrong, un petit temple pyramidal à une tour situé à l’écart de la route. Après quelques pas d’escalade, nous trouvons au sommet un type seul, se présentant comme membre d’une association d’aide aux orphelins et nous demandant un don…
  • Preah Pithu, un enchainement de petits temples à l’écart de la place royale et menant à deux petits éléphants faisant face à un marécage recouvert de trèfles à 4 feuilles !
  • Preah Palilay, petit temple pyramidal en bordure d’Angkor Thom, maintenu par de grands fromagers.

En face d’Angkor Vat, par un drôle de hasard, nous retrouvons Edwin, un norvégien, que nous avions connu au Laos. Un mois et demi plus tôt, nous avions remonté ensemble une portion de la rivière Nam Ou. Tandis que nous sommes descendus vers le Cambodge par la route du Vietnam, Edwin a traversé tout le Laos… et nos chemins se croisent de nouveau ! C’est d’autant plus surprenant que nous l’avons retrouvé parmi les milliers de touristes qui visitent quotidiennement Angkor… Du coup, nous dinons ensemble dans un restaurant en face du temple. Spécialisé dans le poulet rôti, ce restaurant nous a été recommandé par Christophe lors de notre séjour à Phnom Penh. C’est délicieux, si bien que Nicolas se ressert trois fois !

Notre semaine partagée entre Angkor et l’orphelinat se termine. Nous avons aimé ce séjour fort enrichissant sur tous les plans, humain et culturel. Nous partons maintenant pour Kep, ville côtière du sud du pays et ancienne station balnéaire de l’époque coloniale. Il parait que l’on y cuisine d’excellents crabes au poivre de Kampot. On en salive d’avance !


Nicolas et Edwige



Angkor Vat

Angkor Vat
Angkor Vat


Angkor Vat

Statues du pont à l'entrée d'Angkor Thom


La Bayon

Bas-relief sur les murs du Bayon

Visages du Bayon

Visages du Bayon

Prasat Suor Prat

Bas- relief de la terrasse des éléphants

Du haut du Baphuon

Champ de trèfles à 4 feuilles!



Ta Prohm

Les fromagers de Ta Prohm

Indiana Jones!


Ta Prohm envahi par la végétation

Énorme Garuda

Notre précieux moyen de locomotion


Apsara





Détail d'une apsara d'Angkor Vat

Nandin, taureau sacré de l'hindouisme

On a réussi à faire fuir tous les touristes !



Coucher de soleil sur Angkor


Vidéo: Visite au cœur de Ta Prohm