Le bus qui nous mène
de Phnom Penh à Siem Reap est un vrai four ! La climatisation ne
fonctionnant pas, nous sommes rapidement en nage. Notre voisine française en
âge d’être arrière grand-mère, l’est aussi, mais tient bien le coup ! A la
descente du bus, le jeune chauffeur, exténué, le front perlant de gouttes de
sueur, s’excuse en souriant. Il nous tapote amicalement l’épaule en nous
souhaitant un bon séjour. Nous apprécions sa compassion et sa sympathie, aux
antipodes de ce que nous avons connu au Vietnam…
Nous jetons notre
dévolu sur un quartier, où nous comptons trouver un hôtel propre et agréable à
moins de 8$ la nuit. Malheureusement tout est complet… Par hasard, nous
croisons les français ayant cuit avec nous, deux heures plus tôt, dans le four
à quatre roues. C’est un couple de routards retraités d’une cinquantaine
d’années bien tassées, qui travaillait dans l’hôtellerie. Ils voyagent en ce
moment avec la sœur et la mère de la dame. La mère a presque quatre-vingt
ans ! Le couple partage son temps entre la France et l’Asie : ils
voyagent les mois d’hiver et profitent de leur maison lilloise et de leur
famille l’été… des retraités modernes ! Ils nous indiquent le Garden
House, un hôtel bon marché et correct, situé quelques rues plus loin. Nous nous
y établissons pour quelques jours.
Au Garden House, nous
faisons la connaissance de Sandrine et Luigi, un couple d’italiens vivant en
Suisse depuis leur plus tendre enfance. Âgés d’une trentaine d’années, ils font
un tour du monde d’un an. Sur la route depuis quatre mois, ils ont déjà visité
l’Afrique du Sud et la Thaïlande. Après le Cambodge, ils prendront la direction
du Laos et de la Chine, pour ensuite changer de continent et visiter l’Amérique
Latine. Ils sont très sympathiques. Le soir, nous dinons ensemble dans un
restaurant à barbecue. Nous partageons notre expérience du voyage au long
court : la gestion au dollar près du budget, les fluctuations de notre
capacité d’émerveillement, nos plus belles expériences, les coups de blues,
etc. Nous leur relatons notre voyage en Chine et les quelques arnaques à
éviter, comme la cérémonie du thé et les faux artistes…
Luigi et Sandrine
prévoyaient de faire quelques jours de bénévolat dans une école, mais
malheureusement leur plan est tombé à l’eau. Un type qu’ils avaient rencontré
quelques jours plus tôt, s’était présenté comme gérant d’une association
intervenant dans des écoles primaires. Il leur avait demandé s’ils pouvaient
faire un don de quelques dollars à son association, ce qu’ils ont fait. Suite à
leur demande de bénévolat, il leur avait donné rendez-vous ce matin… mais ne s’est
jamais présenté ! Un beau lapin, pour une grosse déception… Du coup, Luigi
et Sandrine se montrent forts intéressés lorsque nous leur parlons de notre
projet de bénévolat à l’orphelinat Cambodia Children’s Sanctuary à Siem Reap.
Nous leur proposons donc de se joindre à nous, pour cette expérience qui
s’annonce riche humainement.
Nous séjournons une
semaine à Siem Reap, partageant ainsi notre temps entre animations à
l’orphelinat et visites des temples d’Angkor (Voir l’article du blog dédié à
l’orphelinat). Les journées de visites des temples étant longues et épuisantes,
nous apprécions les journées de repos et de jeux avec les enfants.
Alors que dire des
temples d’Angkor… et bien c’est tout simplement magnifique ! Il existe des
sites dit « incontournables », dont la beauté est effectivement à la
hauteur des attentes suscitées par le marketing touristique. Parmi ces sites, il
y a selon nous en Asie : la Grande muraille de Chine, la Cité interdite et
le Temple du Ciel à Pékin, le Taj Mahal en Inde… et les Temples d’Angkor.
Les temples d’Angkor
sont l’âme du royaume Khmer. Construits entre 802 et 1432 apr. J-C, la plupart d’entres-eux
symbolisent le mont Meru, montagne mythique considérée comme l’axe du monde et
la demeure des dieux dans la tradition hindoue. Les dieux-rois de jadis ont
chacun tenté de surpasser leurs prédécesseurs par l’édification de sanctuaires
de taille, d’envergure et de symétrie inégalée, tel Angkor Vat, le plus grand
édifice religieux de la planète. Les temples qui subsistent représentent la
partie sacrée de la cité Khmer. Construits en pierres, ils ont résisté à
l’usure du temps, tandis que les édifices à vocations sociales, politiques,
commerciales ou résidentielles construits en bois ont disparu. Au cours des six
cents ans de son règne, l’empire Khmer a connu des phases de déclin et de
renaissance. Plusieurs fois détruite, la capitale Khmer fut reconstruite ou
transférée à plusieurs dizaines de kilomètres de ses ruines. Selon les
croyances des rois, les temples servaient tantôt aux hindous, tantôt aux bouddhistes.
Ayant seulement trois
jours de visite, nous nous limitons aux temples situés autour d’Angkor Thom et
Angkor Vat. Nous choisissons de nous déplacer à vélo, moyen de locomotion le
plus économique et agréable à notre goût. Nous varions les plaisirs en louant tantôt
un vélo de ville de style hollandais, tantôt un VTT de descente à suspension
haute. Chaque modèle a son avantage, étant donné que les routes sont
goudronnées mais parsemées de nids de poule.
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| Cohue en attendant le lever de soleil à Angkor Vat |
Angkor est le théâtre
d’un choc des cultures touristiques entre asiatiques et européens. En
simplifiant beaucoup, les coréens et les japonais aiment parcourir en grands
groupes et au pas de charge les principaux sites, tandis que les européens
recherchent en petits groupes le charme et la quiétude des temples tels que le
naturaliste français Mouhot les a redécouverts en 1860. Ainsi, si l’on fait
parti de la deuxième catégorie, il vaut mieux ne pas suivre l’ordre classique
des visites de temples, en démarrant plus tôt ou en suivant le parcours à
l’envers. Une autre possibilité est tout simplement de se perdre dans les
allées secondaires des temples désertées par les touristes asiatiques. Mais
attention à bien tenir compte de l’ensoleillement des temples… on risque
l’insolation en visitant la terrasse des éléphants à midi ! Ainsi, les
après-midi étant très chaudes, nous démarrons nos journées à l’aube. A midi,
nous pique-niquons et faisons la sieste sur les ruines dans un coin ombragé et
calme, à l’écart des touristes.
Parmi les temples que
nous avons préférés :
- Angkor Vat, pour sa
taille et ses fresques représentant des scènes de la mythologie hindoue
- le Bayon, atypique et
labyrinthique
- la terrasse des
éléphants avec ses innombrables sculptures
- la place royale
d’Angkor Thom, immense avec les tours Prasat Suor Prat disposées à intervalles
réguliers
- le Baphuon, un beau
temple pyramidal
- Ta Prohm, maitrisé
par les racines d’arbres gigantesques évoquant les ruines qu’ont découverts les
explorateurs européens.
- Baksei Chamkrong, un
petit temple pyramidal à une tour situé à l’écart de la route. Après quelques
pas d’escalade, nous trouvons au sommet un type seul, se présentant comme
membre d’une association d’aide aux orphelins et nous demandant un don…
- Preah Pithu, un
enchainement de petits temples à l’écart de la place royale et menant à deux
petits éléphants faisant face à un marécage recouvert de trèfles à 4
feuilles !
- Preah Palilay, petit
temple pyramidal en bordure d’Angkor Thom, maintenu par de grands fromagers.
En face d’Angkor Vat,
par un drôle de hasard, nous retrouvons Edwin, un norvégien, que nous
avions connu au Laos. Un mois et demi plus tôt, nous avions remonté ensemble
une portion de la rivière Nam Ou. Tandis que nous sommes descendus vers le
Cambodge par la route du Vietnam, Edwin a traversé tout le Laos… et nos chemins
se croisent de nouveau ! C’est d’autant plus surprenant que nous l’avons
retrouvé parmi les milliers de touristes qui visitent quotidiennement Angkor…
Du coup, nous dinons ensemble dans un restaurant en face du temple. Spécialisé
dans le poulet rôti, ce restaurant nous a été recommandé par Christophe lors de
notre séjour à Phnom Penh. C’est délicieux, si bien que Nicolas se ressert
trois fois !
Notre semaine
partagée entre Angkor et l’orphelinat se termine. Nous avons aimé ce séjour fort
enrichissant sur tous les plans, humain et culturel. Nous partons maintenant
pour Kep, ville côtière du sud du pays et ancienne station balnéaire de
l’époque coloniale. Il parait que l’on y cuisine d’excellents crabes au poivre
de Kampot. On en salive d’avance !
Nicolas et Edwige
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| Angkor Vat |
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| Angkor Vat |
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| Angkor Vat |
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| Angkor Vat |
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| Statues du pont à l'entrée d'Angkor Thom |
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| La Bayon |
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| Bas-relief sur les murs du Bayon |
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| Visages du Bayon |
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| Visages du Bayon |
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| Prasat Suor Prat |
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| Bas- relief de la terrasse des éléphants |
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| Du haut du Baphuon |
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| Champ de trèfles à 4 feuilles! |
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| Ta Prohm |
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| Les fromagers de Ta Prohm |
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| Indiana Jones! |
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| Ta Prohm envahi par la végétation |
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| Énorme Garuda |
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| Notre précieux moyen de locomotion |
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| Apsara |
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| Détail d'une apsara d'Angkor Vat |
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| Nandin, taureau sacré de l'hindouisme |
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| On a réussi à faire fuir tous les touristes ! |
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| Coucher de soleil sur Angkor |
Vidéo: Visite au cœur de Ta Prohm