vendredi 26 octobre 2012

Sacrées vaches….



Le fait que les vaches puissent se promener partout et en toute liberté, nous interpelle dès notre arrivée en Inde. Elles sont omniprésentes : au milieu d’une route de campagne obligeant les véhicules à slalomer, au centre d’un carrefour à Delhi bloquant la circulation, sur un ghat le long d’un fleuve sacré, sur le perron d’une maison attendant sa pitance ou encore étendue dans une ruelle étroite ne laissant qu’un espace très limité pour le passant. 

Pour les hindous, la vache est l’animal le plus sacré. Elle aurait été créée le même jour que Brahma, une des trois plus importante divinité hindou avec Vishnou et Shiva1.

Selon les textes sacrés, après la mort, la vache aide l’âme à traverser  la rivière Vaitarni  pour accéder au paradis et ainsi éviter la renaissance. De ce fait, le  cadeau d’une vache à un Brahmane (plus haute caste du système social indien, celle des prêtres et érudits) est une des étapes importantes de préparation à la mort, pour atteindre le Moksha (fin du cycle des réincarnations). Les hindous ne mangent donc jamais de bœuf et respectent énormément l’animal (gestes d’affection par-ci, offrandes de nourriture par-là….).

Au-delà du domaine religieux, la vache est aussi indispensable pour les familles rurales. Sa bouse sert d’engrais, de revêtement pour les murs et les routes, ainsi que de combustible pour le foyer. Son lait est très utilisé dans la cuisine indienne : pour les sauces, les lassis et curds (apaisant le goût des épices), les confiseries….

Nous avons l’impression qu’il y a autant de types de vache indienne qu’il y a de visages différents en Inde : élégantes avec un regard de biche ou bien massives et impressionnantes, les cornes bien dressées ou bien zigzagantes… C’est un spectacle à chaque rencontre…..

Edwige et Nicolas

Notes :
1. « L’Hindouisme, une introduction », Dharam Vir Singh, Editions Surabhi Prakash, 2004