Sur la route
de Xi’An, nous nous arrêtons dans la ville de Datong, une
« bourgade » de 3 millions d’âmes. L’attraction principale de Datong
est un magnifique ensemble de 251 grottes sculptées de 51 000 statues,
situé en périphérie. Nous en gardons un très beau souvenir, cependant un autre
aspect de la ville nous interpelle. Datong est un immense chantier, où l’on
détruit des quartiers entiers pour les remplacer par des constructions de l’époque impériale. Des remparts, des tours,
des hutong (quartiers d’architecture traditionnelle des villes chinoises) poussent comme des champignons. On recrée une ville fortifiée traditionnelle, qui abritera centres commerciaux, boutiques de souvenirs, musées, etc. Ce phénomène est très répandu en Chine, la plupart des grandes villes adoptant cette stratégie en vue de capter un tourisme de masse national en pleine croissance.
Jean-Luc
Domenach1, chercheur français spécialiste de la Chine, décrit bien ce phénomène : « Comme le succès se profile et que la
Chine commence à prendre des vacances, le gigantisme menace. […] La
modernité à la Chinoise, c’est pour demain ! […] Rien n’arrête la
spéculation immobilière. […] On détruit pour reconstruire du faux ancien que
l’on vendra à de vrais riches. On respectera à peu près le style, mais pas les
habitants, qui sont chassés. […] Il serait pourtant possible […] de développer
un tourisme différent, plus culturel et plus respectueux des sites. Mais
voilà : comme ailleurs, la population est avant tout désireuse d’un
progrès matériel rapide… Il faudra que la Chine achève sa phase de croissance
accélérée pour que de nouvelles exigences apparaissent. »
Cette
transformation radicale et massive de Datong m’a paru réellement saisissante.
Je vous en livre donc un aperçu à travers ces photos.
Nicolas
Note : 1 – « Comprendre
la Chine aujourd’hui », Jean-Luc Domenach, Ed Perrin, 2007


















